Une petite goutte d’espoir dans le désert…

Le premier d’une série d’articles, parue dans le journal La Voix du Sahel, basé à dans la commune de Gorom-Gorm, au Nord du Burkina Faso.

Chose  promise, chose due. En effet, dans notre précédente édition, nous avons promis à nos  lecteurs de nous rendre sur le terrain à la découverte des petits pas posés par la Fondation au profit des communautés de la province de l’Oudalan. C’est chose faite depuis le vendredi 15 avril 2016. Contre les vents de sable qui, d’un coup, ont enveloppé toute la zone, contre la grande canicule qui assèche tout ce mois d’avril, nous avons donc tenu le pari. Ainsi, de Bangao à Tin-Rhassane, sur l’autre rive du fleuve Béli, en passant par Tin-Zalayanane et Tin-Akoff, nous avons touché du doigt la petite goutte d’eau apportée par la Fondation qui contribue à former des îlots d’espoir pour des milliers d’hommes et de femmes, vivant dans cet océan de (dés)espoir qu’est le Sahel.
La Fondation Cuomo: un espoir dans le désert ? Grand reportage.

BANGAO OU LA RENAISSANCE

Bangao. Pour y arriver, il faut être un as du volant pour manoeuvrer entre buissons et dunes de sable. On y accède via une piste, qui se lance à partir d’un virage à gauche, situé au niveau du village de Darkoye. Nous sommes à une quarantaine de kilomètres de Gorom-Gororn.

M. Francisco A. Diaz Lison accueilli par les notables de Bangao

M. Francisco A. Diaz Lison, Directeur Général de la Fondation Cuomo, accueilli par les notables de Bangao

Après moult acrobaties, nous voilà dans le village de Bangao, plus précisément dans le quartier Ihayawane. C’est là-bas que se situe le forage d’eau réalisé par le Groupement Zeine avec l’appui de la Fondation depuis 2014. Il est 8 heures du matin mais tellement il fait­ chaud qu’on dirait que le so­leil est déjà au zénith ! Dans cet environnement sec, à cette période de l’année, il n’y a que l’intérieur des maisons ou sous les hangars de paille pour se protéger des rayons ardents. C’est là dont surgissent, de toute part, hommes, femmes et enfants, après avoir entendu le bruit de moteur. Tous viennent à notre rencontre et nous invitent sous le « hangar à palabre » du village.

Très vite, le thé, symbole d’accueil en terre sahélienne et plus particulièrement chez les Tamacheq, est « monté ». En attendant que le thé soit servi, on peut commencer les salutations et les échanges : « Nous sommes journa­listes de La Voix du Sahel. Nous résidons à Gorom-Gorom. Nous sommes là, aujourd’hui, dans votre village, pour tou­cher du doigt le problème d’accès a l’eau que vous vivez…»

DES PUISARDS A LA POMPE

L’ancien conseiller du village, Agao Ag Rissa prend alors la parole : « J’ai entendu parler du journaliste de Gorom-Gorom. Chaque fois au marché de Gorom, j’entends dire qu’il a écrit quelque chose sur le maire ou quelqu’un d’autre… L’année dernière même, je crois, il est venu à Bangao, ici, quand le préfet est venu faire une réunion (NDLR: il s’agit du Cadre de concertation communal qui s’est tenu à Bangao en 2015 pour parler de l’exploita­tion du calcaire). Je suis donc content d’accueillir le journaliste dans notre vil­lage… Pour parler du problème de l’eau, je dois dire que, actuellement, ça va très bien, depuis que nous avons le forage dans notre quar­tier. Je parle avec la bouche des autres personnes présentes ici. Avant que nous n’ayons le forage, nous allions à la mare qui se trouve à dix kilomètres d’ici pour chercher de l’eau. Et quelle eau ! Les femmes sont présentes là ; elles peuvent témoigner car ce sont elles qui souffraient le plus de la corvée d’eau. Mais, depuis l’arrivée de ce forage — nous rendons gloire à Dieu — nous avons oublié comment creuser un puisard, tellement c’est devenu  simple ! Désormais, il suffit d’appuyer sur la manivelle et tu as de l’eau propre. »

Le forage de Bango réalisé par la Fondation Cuomo

Le forage de Bango réalisé par la Fondation Cuomo

« LES MALADIES ONT DIMINUE… »

Pour Aîchata Ag Moctar, une habitante du village, les bienfaits de la pompe au profit de leur communauté sont multiples, à commencer par la santé.

« Avant la pompe, nous buvions l’eau de la mare. A l’époque, les maux de ventre étaient multiples. Tout le monde en souffrait. Nous savions que c’était à cause de l’eau mais que pouvions nous faire ? Maintenant il y a certes des maladies, mais elles ne sont pas directement liées à l’eau et c’est déjà très bien ».

« LE FORAGE A SAUVE NOTRE QUARTIER »

En guise de conclusion, le conseiller du village avoue que « sans la réalisation de ce forage, le quartier n’aurait pas persisté… Nous étions tous prêts à déménager quand, par chance, Hamadine est arrivé pour nous présenter les projets de la Fondation et nous a promis un forage. Nous y avons difficilement cru jusqu’au jour où nous avons vu des machines arriver et ensuite l’eau jaillir, donnant l’espoir à tout le monde. Comme vous pouvez le constater, le village s’agrandit maintenant. Les gens y viennent et construisent. L’eau, c’est vraiment la vie… »

Absolument !

ILS / ELLES ONT TEMOIGNE…

II  fut si difficile de prendre congé des populations de Bagao que chacun tenait à témoigner  sur les bienfaits du forage.
Nous avons retenu ici quelques un de ces témoignages.

  • « Avant, nous, les femmes souffrions, en allant à la mare puiser de l’eau. Avec le forage, cette souffrance a beaucoup diminué. Nous sommes vraiment contentes et remercions la Fondation… »
  • « Maintenant, même à minuit, je peux venir en­lever de l’eau à la pompe. Avant j’allais à la mare, loin là-bas, avec tous les dangers de la brousse… »
  • « Je n’arrive toujours pas à croire que nous avons maintenant de l’eau propre juste derrière ma case. Je suis très heureuse. Merci à tous. »
  • « Quand je pense à ce que nous vivions dans la recherche de l’eau… Maintenant il suffit de jouer avec la pompe pour avoir de l’eau. Je dis : Dieu merci ! »
  • « Nous remercions Dieu et notre fils Hamadine pour ce qu’il a fait pour nous. Que Dieu aide ses amis Blancs qui l’aident à nous aider… »
  • « Dieu est grand. J’ai eu la chance de boire de l’eau de la pompe avant de m’en aller de ce monde. Je le rapporterai à mes an­cêtres qui m’ont devancé… »
  • « En ma qualité de représentant de ce village, je  donne ma bénédiction à Hamadine et à ses amis Blancs pour tout le bien qu’ils font pour nous. La pompe sert tout un chacun de ce village. »

Un forage, c’est le symbole de la solidarité, présente au quotidien entre les communautés. Pour faire jaillir l’eau, il faut joindre les efforts et les énergies. On communie ensemble, on fraternise. Cet effort collectif est un hommage à la Fondation.

– Prométhée K. BAKO pour La Voix du Sahel