Fondation Cuomo – le grand saut métaphysique

Janaka Samarakoon, Chargé de communication de la Fondation, évoque ses années Cuomo en rétrospection… Bilan et feuille de route.

2019. Une nouvelle année. Sera-t-elle remplie de joie comme le souhaitent les voeux qui pleuvent de toute part…? Tout dépendra bien évidemment de ce qu’on en fera.

Avant de me lancer vers cette nouvelle contrée et d’accrocher sur sa ligne d’horizon d’ambitieuses résolutions de début d’année, il me semblait opportun de lancer un regard rétrospectif depuis mon balcon 2019.

Lorsque je me retourne pour saisir l’ampleur des changements qui y ont été effectués ces dernières années, j’y vois une saisissante géographie mentale. De nouveaux ponts y sont jetés alors que les anciens se sont écroulés. De nouvelles relations y sont tissées alors que d’autres en sont presque effacées. Autant de portes ouvertes que fermées et des zones d’ombre qui permettent à la lumière de les percer… Le tout, comme répondant à une obscure mathématique qui maintient l’équilibre d’une formule invisible, d’un certain ordre cosmique sur le voûte de mon ciel personnel…

Dans ce paysage en nuances de gris, fait de ruines et de chantiers en cours, un élément domine. Tel une tour de Babel, un amas de connaissances et de sagesses, elle s’élance dans un ciel sans fin. C’est la Fondation Cuomo que j’ai intégrée voici près de 5 ans. Polychrome et protéiforme, évoluant dans un perpétuel mouvement, elle donne du sens à ce qui lui a précédé et éclaire le prochain carrefour à traverser. C’est comme si tout ce que j’avais entamé auparavant m’avait conduit vers elle dans un mystérieux parcours… Quel long chemin m’a-t-il fallu prendre pour ne pas y arriver plus tôt, pour parler en termes de ce « grand détour » formulé par Paul Ricoeur et que doit entreprendre le sujet pour revenir à soi…

J’ai donc traversé un amas de formes dans une dédale primordiale, ai composé avec ses éléments et ai avancé en titubant. Arrivé à une clairière, j’ai frappé à une porte. Elle s’ouvrit. Son foyer m’accueillit. Dès ce jour, ce fut une succession d’expériences aussi inédites qu’inouïes. D’une rencontre à l’autre, d’un projet à l’autre, mon horizon s’agrandit, ma vision s’éclaira, mes forces se raffermirent. De nombreuses fois, il m’a aussi fallu me réinventer, envoyer valser les certitudes sur lesquelles je m’étais campé et changer de lunettes — monture comprise ! — pour avoir un semblant de clarté… Ce fut en somme, comme l’indique l’adage de notre Fondation, une épreuve d’éducation en ceci qu’elle consiste — étymologiquement — à sortir le sujet de soi. 

Le plus grand apport de la Fondation fut de m’encourager à placer le coeur au coeur de mon action. Désormais, sa philanthropie infiltre mon quotidien, son empathie l’innerve chaque jour, son engagement le solidifie… En m’emportant en son sein dans ses aller-retours dans l’espace, toujours plus loin, elle m’a permis de revenir à moi. C’est mon grand saut métaphysique.

Photo : Cérémonie de remerciements à l’endroit de la Fondation par les habitants de Bangao (Nord du Burkina Faso), lesquels ont bénéficié d’un forage réalisé dans leur village — Mars 2016. Janaka Samarakoon pour la Fondation Cuomo